Rencontre
idée sourde et presque muette
jusqu'au moment de cette évidence frontale

Ce vivant tente d'habiter mon mental
contourné - lié

à peine vu
d'un coup
il y a lieu


sans condition
au préalable, je dois

je dois - être.

forêt bavarde
pleine de l'instant
force compacte

immense

alignements - fracas de lignes

la nuit fuit
et le jour étendu, souffle

de travers à travers - je glisse
pas à pas - léger - lentement
je suis - dorénavant

à l'intérieur de cet espace architecturé
je ne suis

ni bois
ni feuille
ni rien

dépouillée de raison

simple excroissance
organique

j'interroge

intrus
j'avance jusqu'à perdre

repère bleuté devient point
dans ces lignes jusqu'à rien

encore

monochrome et sonore d'un coup
du coin de l'oeil
tout semble si
plat si

retenu

crépitement compact bien au-dessus
relief sonore franc - écrit - régulier

en intensité j'avance
je sens que je suis

je sens que je suis
au bout de mon temps de présence

bleu métal se fait masse
Zéphyr inspire
bleu métal me dissocie

de ces lignes
bleu métal et le sol
minéral d'un coup dur
ne porte
plus

extraction

la trace prend corps
dans un tout autre lieu

le flux bascule

grave est la courbe

conscience et vive
la mémoire

 

2016/Sylou LE RHUN/Act premier- grave est la courbe/perform reading in the forest/Maine et Loire